La difficulté d’accorder le pardon est l’un des principaux obstacles signalés par les couples qui cherchent des conseils, selon une analyse du pasteur Sérgio Leoto, missionnaire du Sepal (Au service des pasteurs et des dirigeants) avec une expérience dans le ministère du Renforcement de la Famille. Il identifie deux positions distinctes dans les conflits conjugaux : « celui qui provoque la déception » et « celui qui souffre du problème », soulignant que les perceptions de chaque partie diffèrent souvent de manière significative.
Les échecs signalés varient en gravité, allant de situations apparemment simples, comme l’omission de lieux visités ou l’oubli d’engagements financiers, à des problèmes plus complexes comme l’infidélité, la violence domestique et la mauvaise gestion économique.
Le pasteur observe que la tentative de minimiser l’erreur représente une erreur courante dans le mariage, qui rend difficile l’obtention d’un véritable pardon : « Certains tentent de ‘minimiser’ le problème, en disant que ‘tout être humain fait des erreurs’, ce qui irrite ceux à qui on a fait du mal en ‘enlevant le corps’ sans admettre leur culpabilité ».
Du côté de la personne qui souffre, les émotions incluent la déception, la frustration et le sentiment d’avoir été trompé. Dans ces cas, Sérgio Leoto indique que les praticiens de la foi peuvent trouver des ressources dans la dimension spirituelle : « Ceux qui font l’expérience de l’amitié avec Jésus recevront une aide « surnaturelle » dans l’attitude de pardon ».
Perspective psychologique et pratique
Magali Leoto, psychologue et missionnaire, épouse du pasteur Sérgio, souligne que le processus de pardon devient plus accessible lorsqu’il y a un véritable repentir de la part de ceux qui ont commis l’erreur.
« Il est toujours plus facile de pardonner quand on constate une réelle attitude de repentir », explique-t-il. « Cette personne mettra un certain temps à confirmer qu’elle a ‘vraiment changé sa vie’. Elle est pardonnée, mais elle doit prouver par des actes qu’elle est à nouveau digne de confiance. »
Le professionnel met cependant en garde contre les situations dans lesquelles des schémas négatifs persistent : « Et si la personne continue à nous trahir, à nous tromper et à nous attaquer à plusieurs reprises ? Devons-nous aussi pardonner ? Oui. Mais quant à « rester ensemble », le couple doit demander l’aide d’un professionnel. » Elle recommande une intervention multidisciplinaire impliquant des pasteurs, des psychologues, des psychiatres et, dans certains cas, des avocats.
Stratégies de reconstruction
Le couple Leoto propose des lignes directrices aux couples qui souhaitent rétablir la confiance :
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Reconnaître l’échec sincèrement, sans justification
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Mise en place d’une période de reconstruction progressive de la confiance
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Rechercher un soutien professionnel, notamment dans les situations d’infractions graves
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Comprendre que pardonner n’implique pas de tolérer les abus ou de maintenir une dynamique néfaste
Sérgio Leoto renforce le principe biblique consigné dans Proverbes 28, 13 : « Celui qui cache ses péchés ne prospère pas, mais celui qui les avoue et les abandonne obtient miséricorde ».
Le processus de pardon se caractérise comme un voyage continu qui exige reconnaissance, vulnérabilité et persévérance. Pour ceux qui ont causé le dommage, cela représente le début de la responsabilité et de la réparation ; pour ceux qui ont été blessés, cela représente une opportunité de libération émotionnelle.
On conclut que l’exercice du pardon, même s’il ne garantit pas le maintien de toutes les relations, procure une paix intérieure à ceux qui choisissent de ne pas rester liés aux événements passés. Avec information : Communion.
