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Sacrements

La chronique du petit poucet ou l’art de baliser sa vie conjugale 1/4

Vous souvenez-vous de la chronique du grand méchant loup, celle qui a accompagné votre invitée à se préparer pour votre mariage ? Cette fois c’est le petit poucet qui vous raconte comment poursuivre votre chemin.

Des cailloux blancs pour ne pas perdre son chemin

Ce matin j’ai fait du rangement, comme tous les grands-pères qui sentent qu’il est temps de mettre un peu d’ordre dans leurs affaires. J’ai retrouvé un petit papier plein de bonheur et je voulais le partager avec vous. Mais avant tout, je me présente : je suis l’ex petit poucet. Rappelez-vous, mon astuce et mon réflexe m’avaient permis de sauver mes six frères du désastre. On n’en dira pas autant des filles de l’ogre qui ont fini dans son estomac... Enfin, je n’étais pas responsable de cette ribambelle, contrairement à celle de mes frères, j’ai donc fait un choix.

Comme celui d’épouser une jolie jeune fille de mon village il y a de nombreuses années. Elle mit ce jour-là sa plus jolie couronne et moi mon plus beau bonnet rouge et nous fîmes une belle fête avec ce qu’il restait du trésor de l’ogre. Ce fut un très beau jour. Suivi de biens des jours sans nuages tout à l’amour que nous nous étions promis.

Et puis je l’avoue, le temps s’obscurcit… Avec les enfants, les petits soucis inévitables, avec le rythme de travail, la fatigue, les questions financières une fois la dernière pièce du trésor dépensée, les nuages s’amoncelèrent. Un peu découragé, le dos rond et les coudes sur la table de la salle à manger, j’eus un peu l’impression un soir d’octobre d’avoir usé tout le bonheur du mariage. Il me revint alors à l’esprit ce soir très sombre de mon enfance : caché sous la table, j’entendis le souhait de nos parents « Nous sommes trop pauvres, abandonnons les dans la forêt ». Un instant, j’entendis la même voix caverneuse me dire « Votre amour est trop pauvre, abandonne le dans la forêt ». Quelle idée ! Nous n’en étions pas là ! Mais je savais que sur la route de la conjugalité, si nous laissions faire, nous ne retrouverions plus notre chemin.

Au temps jadis, mon premier réflexe à l’idée de me perdre dans la forêt fut, vous le savez, de me remplir les poches de cailloux blancs. C’était le bon réflexe : se remplir tant qu’il est temps de balises, de points de repères. De vrais.

A suivre...