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Se marier, ça se prépare

C’est la saison des mariages, l’occasion d’aller rencontrer Anne Mathieu, membre du Centre de préparation au mariage (CPM) de Charleville-Mézières, dans le diocèse de Reims.

Anne, pouvez-vous dire comment se passe le Centre de préparation au mariage (CPM) à Charleville-Mézières ?

Nous sommes une équipe de cinq couples qui animons ensemble les trois sessions de l’année. Cette année, la première session a eu lieu en novembre, la deuxième fin janvier et la troisième en mai.

C’est pour une meilleure répartition ?

Oui, les inscriptions arrivent souvent tôt, cela permet d’avoir des sessions équilibrées, environ dix-huit couples. Et je trouve que c’est mieux de pouvoir réfléchir sans être déjà pris par les préparatifs.

Comment fonctionne une session ?

Nous nous sommes inspirés du « Chalets de l’amour » du père Denis Sonnet.  Une première rencontre a lieu un lundi soir, de 20h à 22h. Cette soirée permet de faire connaissance, de présenter le CPM et d’aborder la question de la communication : d’abord par une vidéo sur les langages de l’amour, ensuite en petits groupes, la communication dans le couple. Pour cela, nous avons créé un jeu de cartes, avec des phrases, afin de provoquer chacun à s’exprimer sur la carte piochée. Nous sentons combien des propos résonnent, combien de cartes font réagir, remonter des émois.

La glace est vite rompue.

Les couples jouent vraiment le jeu. En arrivant, ils ne savent pas ce qui les attend, mais ils acceptent de parler, de partager, de se dire. C’est vrai qu’ils n’ont pas beaucoup de lieux où ils puissent réfléchir en couple. C’est donc le premier temps.

Ce premier temps se termine par une vidéo sur les quiproquos du langage dans le couple. Nous terminons avec un petit topo sur les quatre piliers, et les fiancés repartent avec une fiche sur leurs projets communs.

Cette fiche sert au démarrage du deuxième temps, le dimanche suivant où, après le café d’accueil, l’on aborde en petits groupes la question du projet, des projets. Le dimanche se passe dans une paroisse et nous nous joignons à la célébration dominicale. Nous partageons ensuite le repas, avec ce que les couples ont apporté. La première soirée permet ce temps convivial, car ils ont appris à se connaître. L’après-midi commence, après une vidéo, par un temps en couple sur la sexualité, à partir d’un questionnaire. Puis, par groupe, nous abordons le thème du pardon, à l’aide de phrases un peu provocatrices. Un temps de prière, avec l’évangile de la tempête apaisée conclut ce temps. Nous terminons cette après-midi en grand groupe avec le curé de la paroisse où nous sommes. A partir de l’évangile, il essaye de dire le sens chrétien de la démarche qu’ils sont en train de vivre.

Et vous, comment avez-vous vécu l’appel au CPM ?

Il est venu tôt, puisqu’on nous a appelés alors que nous n’avions qu’un an de mariage, mais c’était trop tôt. Puis une autre fois, il y a dix-sept ans, et nous avons bien vécu cet accompagnement, même si nous avons cessé à la naissance de notre troisième enfant. Puis nous avons repris il y a quatre ans. Nous aimons beaucoup. C’est une occasion de témoigner de la vie de couple et c’est important pour les jeunes qui viennent, qui sont en attentes de repères, et pour nous aussi, car cela nous oblige sans cesse à nous resituer. Nous ne sommes pas plus malins que les autres et nous avons besoin de nous redire des choses de temps en temps. Cela nous invite à réaliser le chemin parcouru, tant au niveau du couple, de la famille, du travail, etc J’ai le sentiment que nous recevons autant que nous apportons. Ce qui me réjouit, c’est de voir le changement dans leur regard entre le début et la fin de la session.

Une chose qui vous a marquée ?

La messe. Nous avons hésité avant d’inscrire la messe dans le cheminement de la session. Mais, pour les couples, c’est une réelle découverte. Ils voient une communauté, alors que leur rapport à l’Eglise passe souvent par les baptêmes, les mariages ou les enterrements. J’ai d’ailleurs le souvenir d’une jeune fiancée qui ne voulait pas entrer : ça lui rappelait trop la mort de sa grand-mère. Je l’ai invitée à entrer tout en restant au fond. A la fin de la célébration, elle m’a remerciée. C’est pour moi un beau cadeau.

Extrait de la revue Reims-Ardennes de Juin 2017


 

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