Nounours malade / sailanalt_fotolia ©

Maladie et fin de vie d’un enfant

Votre enfant est atteint d’une maladie grave ? Vous vous sentez désemparés face à cette situation ? Bénédicte Oriou, maman et écrivain, vous apporte quelques éclairages avec un regard chrétien.

Bénédicte Oriou est maman de 4 enfants. Elle a accompagné dans la foi son plus petit, Brice, alors qu’il avait un cancer de la tête. Bénédicte raconte dans son livre « Rassure mes copains » les difficultés, les joies de ce chemin, les rencontres, et aussi la tristesse de sa mort le 22 décembre 2011, à  7 ans. Avec ce regard emplit d’amour pour son enfant, Bénédicte répond aux questions que vous vous posez peut-être.

Comment accompagner notre enfant en fin de vie ?

Lorsque l’inconcevable s’invite et qu’il faut accompagner son enfant dans la fin de sa vie, c’est d’abord et avant tout inventer la manière de lui dire notre amour qui tout à la fois le rassure et l’enveloppe et qui nous permet de lui donner tout ce que l’on souhaite lui donner, traquant tout ce qui pourrait être un regret. C’est vivre le temps présent avec lui, étant tout à la fois à l’écoute de ses désirs et à l’écoute de ce qui apparaît juste en soi. C’est se faire confiance pour inventer une page inédite à vivre intensément pour inscrire ces heures en soi de manière indélébile, pour incarner cette espérance que la mort n’est pas la fin de la vie, mais que l’Eternité de Dieu commence dès maintenant.

Qu’est-ce que notre enfant peut comprendre de la vie après la mort ?

Cette étape est incompréhensible tant pour le parent qui ne l’a pas vécue que pour l’enfant qui y avance. Elle ne peut s’éclairer qu’à la lumière de l’expérience d’un Amour de Dieu. Nous avons proposé la foi à Brice, il ne nous appartenait pas de savoir s’il allait y adhérer. Il a eu la chance de faire cette expérience dans son cœur d’une rencontre qui je suis sûre a dédramatisé ses dernières heures de vie, l’amenant à faire confiance à l’avenir et à rendre son dernier souffle dans la sérénité, entouré de tous ses proches.

Votre enfant, malade, nous a demandé pourquoi Dieu voulait qu’il souffre autant. Nous ne savons pas quoi lui répondre. Que lui dire ?

Dieu ne veut pas notre souffrance, mais notre bonheur. La souffrance et les épreuves sont inhérentes à la vie et Dieu est le premier à souffrir avec l’enfant et à pleurer avec lui. Dieu n’est qu’amour et il ne nous abandonne jamais dans ces épreuves mais est le premier à nous accompagner.

Quels sont les éléments spirituels qui peuvent apaiser notre enfant à l’approche de la mort ?

Rencontrer des personnes dont un proche est mort et qui témoignent de comment les liens avec cette personne continuent après ce passage ouvre à l’espérance de comment sa vie va continuer après cette étape de la mort. Brice a pu faire cette expérience dans une communauté amie : Florin qu’il n’a pas connu de son vivant est devenu son ami du ciel lui faisant faire l’expérience de ces liens d’éternité. Au fur et à mesure c’est lui qui nous a guidé nous réclamant à lire les BD des « découvreurs de Dieu » ou demandant à écrire un livre qui serait intitulé « Brice et Jésus ».

Quels sont les appuis pour que nous, parents, puissions traverser aussi cette épreuve le plus paisiblement possible ?

C’est favoriser le contact avec des lieux vitalisant  et des personnes qui témoignent de cette espérance pour que notre propre foi et espérance grandissent afin de pouvoir y accompagner notre enfant.

C’est aussi être capable de favoriser tout ce qui permet de vivre ensemble des belles choses afin de vivre cette période, non comme une parenthèse, mais comme essentielle puisque c’est la vie de notre enfant.

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