Bébé dans la main d'un homme / pixabay ©

Baptême et protection : questions de parents

Vous vous inquiétez de savoir si demander le baptême pour votre enfant est utile ? Bénédicte Oriou, maman et écrivain, parle plutôt du baptême comme relation d’amour entre Dieu et votre enfant.

Bénédicte Oriou est maman de 4 enfants. Elle a accompagné dans la foi son plus petit, Brice, alors qu’il avait un cancer de la tête. Bénédicte raconte dans son livre « Rassure mes copains » les difficultés, les joies de ce chemin, les rencontres, et aussi la tristesse de sa mort le 22 décembre 2011, à  7 ans. Avec ce regard emplit d’amour pour son enfant, Bénédicte répond aux questions que vous vous posez peut-être.

Ma mère veut que nous fassions baptiser notre bébé pour qu’il soit « protégé » mais Dieu veillera sur lui, même s’il n’est pas baptisé de toute façon, non ?

Le risque est grand de voir dans le baptême un acte magique comme si Dieu pouvait protéger, comme si Dieu défiait les lois de la création qu’il aime.

Dieu par le Christ est venu révéler son amour pour chacun, nous dire l’importance que nous avons pour lui, mais il s’est révélé dans la puissance d’un tout petit enfant, dont le pouvoir est celui de désarmer. Ce qui se vit entre Dieu et la personne ne nous appartient pas. C'est la liberté de Dieu d'agir vis-à-vis de nous.

Si Dieu protégeait ceux qui sont baptisés le nombre d’accidents serait inférieur chez les chrétiens que chez les autres et ça se saurait. Comme nos autres enfants nous avions fait baptiser Brice pour lui dire et témoigner à notre entourage de notre amour du Christ et notre assurance qu’il aime notre fils. Il n’a en rien été épargné de la souffrance et de la douleur de ce terrible cancer qui lui a ôté jusqu’à sa vie, mais sa foi au Christ, personne n’a pu lui enlever. Dans cette maladie de Brice nous avons goûté à cet Amour de Dieu pour lui et pour nous, qui a été comme un encouragement à aimer et à vivre avec lui tout ce qu’il était encore possible de vivre.

Notre bébé est malade et nous avons entendu parler du baptême pour les tout-petits. Cela peut-il le guérir ou éloigner de lui la souffrance ?

Préparer le baptême de son enfant c’est découvrir l’amour que Dieu a pour lui, pour nous, c’est commencer dès maintenant à vivre des liens d’éternité avec son enfant en s’ouvrant à cet amour infini du Père qui ne peut se résoudre devant les pannes de la vie et les limites de la médecine et de la recherche. Il est le premier à nous encourager à trouver comment accompagner au mieux notre enfant à encourager les chercheurs à innover pour faire reculer la maladie.

Nous avons demandé un baptême républicain pour notre enfant, pour qu’il soit protégé par la République. Des amis nous incitent aussi à faire baptiser notre enfant à l’Eglise au cas-où il nous (les parents) arrive quelque chose. Qu’est-ce que cela lui apportera ?

Le baptême à l’Eglise n’apporte aucune garantie juridique à l’enfant (ni le baptême républicain). C’est un acte d’amour, c’est comme inscrire son amour de parent dans l’amour de Dieu. C’est reconnaître que notre amour de parent pour ce petit puise sa source en cet amour de Dieu. C’est s’ouvrir à une richesse de liens dont nous ne sommes pas les propriétaires mais dont on hérite.

Mes parents avaient demandé le baptême pour moi et ma vie n’a été qu’une succession d’épreuves, à quoi ça sert que je fasse baptiser mon bébé ?

Lorsque les épreuves se succèdent dans une vie, croire en la bienveillance est un défi parfois impossible. Ces épreuves obscurcissent parfois l’horizon au point de ne plus pouvoir percevoir cet Amour qui jamais ne désespère de quiconque et cherche inlassablement comment se dire. Elles peuvent être aussi l’occasion de puiser en soi des richesses insoupçonnées et découvrir cet Infini à l’intérieur de soi qui continue à aimer. Non Dieu ne protège de rien, et ne peut épargner celui qui croit. Dieu n’est pas venu expliquer la souffrance mais juste la remplir de sa présence.

 

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