Photo : Olivier Damiens

Voeux de Monseigneur Jean-Luc Bouilleret

Monseigneur Jean-Luc Bouilleret présentait ses voeux aux acteurs du Diocèse ce vendredi 18 janvier 2013 Salle St-Roch à Amiens

 

Chers amis, 
 
Permettez-moi de placer cette année sous le signe de l’espérance. Dans un monde  où beaucoup s’interrogent sur le sens de leur existence, sur la destinée de  l’homme, sur le rôle de l’homme, de la femme, des enfants, de la famille etc. la  venue de Dieu en son Fils signe définitivement notre enracinement dans  l’espérance apportée par le Christ. Dieu habite chez les hommes et jamais son  amour ne fera défaut. Telle est la certitude de notre foi qui fonde notre  espérance. 
 
Comme à l’accoutumée, je souhaiterais retracer quelques éléments saillants de la  vie du monde et de notre Eglise. 
 
 
Le monde et la société française. 
 
 
Notre situation sociale et économique n’est pas très brillante. La pauvreté gagne beaucoup de terrain. Les associations de solidarité voient affluer de nouveaux  demandeurs et elles ne savent pas si elles pourront satisfaire leurs besoins primaires, tels que nourriture, logement, habillement etc. Le chômage continue de  croître et les perspectives de croissance ne sont guère prometteuses. Des tensions  sociales ont démontré que nous sommes pris dans le jeu d’une mondialisation pour laquelle une usine locale n’est qu’un point sur la  carte du monde des  multinationales. Le pape Benoît XVI ne cesse de remettre en cause les excès de la  finance dans l’économie mondiale.  
 
Les marges d’action du gouvernement se font de plus en plus étroites. Et comme s’il fallait démontrer que tout gouvernement est encore en état de décider pour préserver l’avenir, le gouvernement français a entrepris une vaste réforme de la famille. Il souhaite ouvrir le mariage tel qu’il est défini dans le code civil, aux personnes de même sexe. L’Eglise de France, par la  voix de son président, le Cardinal André Vingt-Trois, a réagi avec force et fermeté contre ce projet de déstructuration de la cellule familiale homme-femme-enfant.  
 
Par ailleurs, en corollaire à ce changement, nous voyons poindre la question de l’adoption des enfants par les couples de même sexe, la demande d’aide médicale à la procréation (AMP) pour les couples de femmes et maintenant la demande d’ouverture à la gestation pour autrui (GPA- mères  porteuses) pour les couples d’hommes.  
 
Nous sommes face à un changement de société dans laquelle la liberté des personnes est le seul critère éthique. La devise de la république, liberté, égalité et fraternité, est ainsi interprétée de manière restrictive. Les philosophes de la déconstruction ont sapé le socle humaniste des sociétés occidentales de sorte que l’application du principe de précaution ne concernerait que les végétaux et les animaux en excluant les constructions sociales de la vie humaine ! Notre Eglise tente de tenir ensemble l’attention aux personnes dans leurs  aspirations et leurs fragilités et la promotion des structures qui construisent l’humanité. Nous devons protéger les personnes et les institutions qui sont là pour protéger les personnes. 
 
Par ailleurs, je souhaiterais évoquer les tensions fratricides en Syrie, en Irak, au Nigeria, au Congo, en Centre-Afrique, au Mali et en bien d’autres pays. La situation en Egypte et en Tunisie retient toute mon attention. Bien qu’élus démocratiquement, les gouvernants de ces pays ne sont-ils pas tentés par le totalitarisme ? L’Islam se sent confronté aux modèles occidentaux et sa réaction n’est pas toujours facteur d’équilibre et de paix. 
 
 
Diocèse et Eglise.
 
 
Au cœur de ce monde que le Concile Vatican II nous a appelé à aimer tel qu’il est et non tel que nous pourrions le rêver, la vertu de l’espérance nous convie à des horizons enracinés en Christ. Il vient chez les hommes pour changer leurs cœurs et leur donner la capacité d’aimer en vérité. Il nous ouvre à la fraternité universelle qui ne fait pas de distinctions.  
 
L’anniversaire de l’ouverture de Vatican II et l’année de la foi nous invitent à un renouveau évangélique et une affirmation de Dieu qui soient un témoignage de vie. Le synode romain sur la nouvelle évangélisation a apporté un souffle nouveau à l’Eglise toute entière. Le message final du synode marque une étape importante du rapport de l’Eglise au monde. Notre diocèse est engagé tout entier dans la lecture de Vatican II, dans le renouveau de notre foi et dans la recherche des chemins pour l’évangélisation de tous les samariens et samariennes.  
 
Nous avons accueilli Samuel Leyronnas parmi le presbyterium et j’ai ordonné deux diacres permanents, Bruno Richez et Denis Laloux. Ils renouvellent le ministère ordonné dans la Somme. Nous poursuivons l’appel de Laïcs en Mission Ecclésiale et leur formation. Les membres des Equipes de Conduite Pastorale se renouvellent et nous continuons leur accompagnement diocésain. 
 
La fête de la Saint Firmin prend de plus en plus une grande place dans l’unité et la communion diocésaine. Nous avons été réunis dès le  matin à l’université Jules Verne pour faire mémoire de l’événement Vatican II. Le Père Daniel Moulinet du diocèse de Moulins nous a proposé un vaste panorama de la préparation du concile et de son déroulement. L’après-midi, la cathédrale avait revêtu son habit de fête pour accueillir une grande et belle foule sous ses voûtes séculaires. La sortie sur le parvis et la place Notre Dame a manifesté notre envoi vers le monde. 
 
Pour l’Eglise de France, l’année 2012 a été l’année des visites Ad Limina. Ce fut un temps de pèlerinage et d’affermissement de notre mission d’évêques dans la rencontre avec le successeur de Pierre. La première visite que j’avais effectuée à Rome avec mes frères évêques avait eu lieu en novembre 2003. C’était voilà bien  longtemps ! Le plus grand nombre d’évêques dans le monde et l’âge du Saint Père ont espacé ces visites dites quinquennales. Nous avons été bien reçus et écoutés. Les défis posés aux Eglises par les sociétés occidentales intéressent les collaborateurs du Pape. Par ailleurs le mode français de vivre le rapport à la sécularisation interpelle les congrégations romaines.  
 
La rencontre avec le Pape en petits groupes pour un échange fraternel a été bien appréciée par chacun. C’est une nouveauté dans les  visites. Auparavant, nous étions reçus individuellement par le Pape pour quelques minutes. Je me souviens encore de ma rencontre avec Jean-Paul II alors qu’il était atteint par la maladie. Benoît XVI semble fragile mais sa pensée demeure très vive.  
 
L’enseignement catholique a entrepris de rédiger un nouveau statut. Ce travail d’approfondissement de la place de l’enseignement catholique dans la société française et dans l’Eglise s’inscrit à la fois dans un rapport Eglise-Etat et dans le souci d’annoncer l’Evangile à toute la communauté éducative et avec elle. 
 
Je souhaite la bienvenue à Mr. Jean-Louis Octau, nouveau directeur diocésain de l’Enseignement Catholique. Je me réjouis des collaborations multiples qu’il a mis en place et de son regard sur l’Enseignement Catholique de notre diocèse. 
 
L’année 2013 sera une année des Journées Mondiales  de la Jeunesse au Brésil. Après la forte expérience ibérique, nous enverrons  une délégation à ces grandes fêtes qui font tant de bien aux jeunes. Ils ont besoin de ces rassemblements pour confronter et conforter leur foi dans ce monde si mouvant. Cette délégation sera accompagnée par Arnaud Lejeune. Nous les soutenons de notre prière. 
 
Parmi tous les projets portés par le diocèse et les services diocésains, nous souhaitons initier un profond renouveau du sacrement de la confirmation. Pour unifier les pratiques diocésaines et pour poursuivre le développement de la nouvelle catéchèse, la Profession de Foi se vivra comme une étape vers la confirmation et elle aura lieu après deux années de catéchèse vécues en collège, habituellement en 5ème. C’est un grand changement pour notre diocèse. Il  est nécessaire pour redonner toute sa place au sacrement de la confirmation comme sacrement de l’initiation chrétienne.  
 
Je me réjouis des catéchumènes qui viennent frapper à notre porte pour demander les sacrements de l’initiation chrétienne. Ils sont signes du travail de l’Esprit Saint au cœur de tous les chercheurs de vérité, chercheurs de sens et chercheurs de Dieu. Je vous invite à venir prier pour eux lors de la célébration des appels décisifs qui aura lieu à St Acheul, le 17 février 2013, premier dimanche de Carême. 
 
L’année 2013 sera une année tournée vers Diaconia 2013. Nous nous retrouverons à Lourdes à l’Ascension et nous ouvrirons cette grande année du service par la fête de Saint Firmin en septembre de cette année. Nous désirons mettre au cœur de la  mission le service du frère, le service du pauvre. La charité n’attend pas ! J’ai interrogé les conseils diocésains pour envisager la perspective d’un synode dans les années futures. Le projet mûrit peu à peu. Nous le portons ensemble dans 
la prière.  Le projet Saint François de Sales poursuit sa route. Nous prenons le temps de bien cerner nos besoins pour faire de l’ensemble immobilier de Saint François de Sales un grand pôle diocésain en gardant la spécificité des trois unités, Centre Spirituel, Centre Diocésain de Pastorale et Evêché. Nous avons embauché Donatien Chatillon pour être le directeur de cette unité. 
 
L’année 2013 sera une année jubilaire pour les évêques d’Amiens, Mgr. Géry Leuliet, 50 ans d’épiscopat, Mgr. François Bussini, 35 ans, Mgr. Jacques Noyer, 25 ans et Mgr. Jean-Luc Bouilleret, votre serviteur, 10 ans. Nous célébrerons ces évènements le 5 mai 2013 en la cathédrale Notre Dame.  
 
Merci à vous tous qui collaborez à la vigne du Seigneur. Que chacun puisse répondre à la vocation à laquelle le Seigneur l’appelle. 
 
Je vous souhaite une année pleine d’espérance, enracinée dans la foi au Christ, 
Sauveur et Seigneur. 
 
Bien amicalement. 
 
+ Jean-Luc BOUILLERET 
Evêque d’Amiens 
 

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Photo : Olivier Damiens

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